L’Ecume des Jours, un roman moderne « démodé » ?

Bonjour !

Je reviens aujourd’hui pour vous parler littérature ! Cet été, j’ai eu l’occasion de lire l’Ecume des Jours de Boris Vian, un classique vers lequel je ne me serais sans aucun doute pas tourné si mes camarades de chambre ne m’en avaient pas vanté les qualités pendant une semaine entière. La seule chose que moi j’en savais, c’est que c’était écrit par Boris Vian, auteur dont je n’avais jamais rien lu d’autres que les poèmes mais qui avait cependant écrit mes préférés. C’est pourquoi je me suis lancée et je vous parle tout de suite de mon ressenti !

Alors d’abord, ça parle de quoi ? Parce que même si c’est un classique, tout le monde n’a pas lu L’Ecume des Jours. La quatrième de couverture que je vous met ci-dessous me prédisait une lecture moderne, innovante et hors du commun.

Quoi de plus accrocheur me direz-vous ?

Cependant, je pense que si j’avais lu un « vrai » résumé où on me racontait les grandes lignes de l’histoire, je ne me serais clairement pas aventurée là dedans.

« L’Ecume des jours : ce titre léger et lumineux annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. Dans cette œuvre d’une modernité insolente, l’une des plus célèbres du XXe siècle et livre-culte depuis plus de trente ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir. Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des noirs américains… »

Quatrième de couverture de L’Ecume des Jours, écrit par Boris Vian en 1946

Parce que oui, ça n’en a pas l’air, mais l’Ecume des Jours est une histoire d’amour où l’on aborde la maladie. Et là, beaucoup de gens vont avoir envie de me frapper parce que bien sûr, ce n’est pas QUE ça. L’Ecume des Jours, c’est une satyre sociale où l’on aborde de nombreux sujets comme le matérialisme, le monde du travail (que les personnages ont d’ailleurs en horreur), l’argent et beaucoup d’autres encore MAIS pour moi, tout cela tourne tout de même autour de cette fameuse histoire d’amour.

Donc je vais essayer de rester brève, histoire que cet article ne finisse pas en thèse de 120 pages, mais j’ai été déçue de constater que je me suis ennuyée durant une bonne partie de ma lecture. Les personnages de Chick et Colin sont jeunes, penseurs mais aussi totalement dans le déni face à leur entrée dans « la vie d’adulte ». L’un est riche, l’autre est pauvre, mais leur but à chacun, c’est de vivre d’amour et d’eau fraiche, comme on dit. Bien sûr, tout cela arrive rapidement et de la plus simple des manières, parce que c’est bien connu, l’amour tombe du ciel et en deux jours, tout est réglé.

Ce point là m’a d’abord beaucoup dérangé parce que je ne suis pas une personne qui vois la vie simplement. Je suis toujours à me poser des questions, remettre en question tout ce qui m’entoure … Enfin bref, ce n’est vraiment pas comme cela que je conçois le « grand amour ». Mais après réflexion, je me suis demandée si Boris Vian, en caricaturant ses personnage sur la légèreté de leur vie au début du roman, ne dépeignait pas une version de l’amour à laquelle j’aurais aimé croire …  Résultat des courses : même si, à la moitié du bouquin je m’ennuie à mourir, je continue ma lecture, curieuse de savoir où tout cela va mener les personnages.

« – Et vous, que faîtes-vous dans la vie ?

– Moi, j’apprends des choses, et j’aime Chloé »

Et à la fin du roman, je suis perplexe. L’écriture, l’imagination et les métaphores de Vian sont les seules choses que je peux affirmer avoir adoré. Parce que du côté de l’histoire, ce n’est pas encore ça. J’en ai lu des tas, des histoires amour/maladie, et les schémas sont souvent les mêmes, alors j’ai trouvé ça plat et déjà vu.  Du coup, je me suis dit qu’au moins j’aurais lu un classique cet été et j’ai rendu le bouquin à mon amie, sans vraiment savoir quoi en penser

Et c’est là que, une semaine plus tard, je me rends compte que ce livre a été donné à lire pendant les vacances à de nombreux jeunes de 15 ans qui passent en seconde, tout comme moi. J’ai eu l’occasion d’en discuter un soir à table avec eux et leurs parents et, les choses revenant le plus souvent de la part des jeunes de mon âge sont : « Bizarre », « J’ai rien compris » et « Comment on peut avoir un nénuphar dans le poumon ? ». De leur côté, les parents s’indignent, affirmant que pour beaucoup d’entre eux, l’Ecume des Jours avait été un roman qui les a beaucoup marqué dans leur jeunesse, surtout grâce à son histoire bouleversante. Et, vient le moment où je dois donner mon avis … Alors bien sûr, tout le monde se décroche la mâchoire quand j’emploi les mots « plat » et « déjà-vu » pour parler du livre.

Et c’est là que je m’en suis rendu compte : ce roman a perdu toute la modernité qu’il a apporté à une époque. Parce que oui, techniquement, c’est lui qui a été le premier a parler de cette histoire amour/maladie, le premier à se foutre ouvertement de la gueule de la société. Mais le truc, c’est que moi, Ilona, jeune fille de 15 ans, j’en ai déjà vu d’autres comme ça, et des plus modernes. Pour la romance, après avoir lu Nos Etoiles Contraires, Sans Prévenir, Charlie + Charlotte, Everything Everything et j’en passe, mais clairement, j’ai eu ma dose. Et pour ce qui est de la satyre, c’était moderne en 1946 mais maintenant avec tous les journaux, les caricaturistes et programmes télévisés humoristiques qu’on voit au quotidien, je n’ai tout simplement pas été réceptive et cette modernité que je juge « démodée ».

« Je ne veux pas gagner ma vie, je l’ai. »

C’est sûr que remis dans son contexte, c’est sans doute un excellent bouquin, et notamment grâce à l’écriture de Boris Vian et ses métaphores sublimes – ne vous en faîtes pas, j’ai bien compris celle du nénuphar de mon côté – mais je pense tout simplement que peu de gens de ma génération seront réceptifs à ce livre de la manière dont d’autres l’ont été avant nous, et ceci pour les raisons exposées plus haut.

Alors maintenant, que vous ayez 15 ans ou 50 ans et que vous avez lu le livre, n’hésitez pas à me donner votre ressenti là-dessus. Peut-être que je me trompe en disant que beaucoup de jeunes n’y seront pas réceptifs  ? C’est en tout cas ce que j’ai ressenti de mon côté … Mais pour le coup, une chose est sûre, mon article ressemble en effet à une thèse de 150 pages et je m’en excuse ! 😀

 

 

Publicités

2 commentaires sur “L’Ecume des Jours, un roman moderne « démodé » ?

Ajouter un commentaire

  1. Tout d’abord, très bon article, tu rédiges vraiment bien, chapeau ! Pour ma part, j’avais commencé le film et j’avais tout de suite arrêté, c’était beaucoup trop « bizarre ». Mais de la part de Boris Vian, comment ne pas s’y attendre ? Son oeuvre est clairement spéciale et critique constamment quelque chose. Notamment la société de consommation. Alors oui pour notre époque, ce n’est plus très moderne et ce roman à un air de déjà vu mais il peut être intéressant ( bon je dis ça, je ne l’ai pas lu) mais je pense le faire car ton avis à réveillé ma curiosité !

    Aimé par 1 personne

  2. Super article les arguments sont bien menés et je comprend ton point de vue. Cependant j’ai 16 ans et l’écume des jours est l’un des romans qui m’a le plus touché. Preuve vivante que ce roman peut être accessible à tout âge en fonction des goûts de chacun 😊 quoiqu’il en soit ton point de vu est intéressant et la critique est très bien construite

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :